Année A – Évangile de Matthieu 10,26-33

« Ne craignez pas » répète Jésus. La peur, manifestation de l’instinct vital, est bonne pour l’humain comme pour les animaux. C’est bien l’enjeu de l’évangile. Sommes-nous assujettis à la condition seulement humaine, animale, ou vivons-nous en enfants de Dieu ? La peur commande la plupart de nos comportements : peur du manque, de l’étranger, de l’opinion des autres, du changement et du risque. 

Matthieu dessine ici la charte de l’apôtre, de tout humain qui veut manifester le Ressuscité dans sa vie quotidienne. Devant le refus, l’incompréhension, la critique, la moquerie, devant ces petites morts, choisissons-nous la fuite ou la confiance, un chemin qui pactise avec la mort de l’enfant de Dieu en nous ou le chemin de la vie divine ?

Renier Jésus, c’est manquer de confiance et annuler ainsi dans le quotidien la force de la Résurrection. Pourtant nous dit l’épître aux Hébreux (2,14-15), le Christ a voulu assumer notre chair, notre instinct vital, « pour réduire à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est à dire le diable, pour affranchir tous ceux qui, dans leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort ». 

Le Père Jalics a vécu un paroxysme de peur à Berlin pendant la guerre, puis au Brésil où il fut séquestré et torturé. Chaque fois, la paix l’a soudain envahi avec la certitude de la Présence de Dieu. Il a ensuite passé sa vie à transmettre cette paix par le chemin de la contemplation offerte à tous (Ouverture à la contemplation DDB). 

Odile van Deth