Année A – Évangile de Jean 6,51-58
« Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour que le monde ait la vie ». Comme Adam, l’homme s’éloigne de son Créateur et Dieu dit à chacun : « Où es-tu ? ». En Jésus le Père nous retrouve, car le Christ, en s’offrant comme nourriture, devient un même être avec celui qui le reçoit.
Communier au Corps du Christ, c’est nous nourrir de lui, recevoir sa chair dans la nôtre, sa vie humaine et divine dans la nôtre d’aujourd’hui. Le Christ vit avec nous nos émotions mais aussi nos fautes dont il a supporté les conséquences sur la Croix. En lui, nous sommes déjà ressuscités de la mort du péché.
Inès a été terrorisée à trois ans par son père qui, en l’embrassant, lui disait : « je te mangerais ». Adulte, elle n’arrivait pas à se marier, fuyant inconsciemment tout lien qu’elle redoutait comme vampirisant.
Jésus lui, n’impose pas son amour, il ne nous étouffe pas par une demande affective. Il s’offre au contraire à notre faim d’amour, à notre solitude, à notre faiblesse. Il est venu partager notre chair humaine pour que nous puissions vivre comme il a vécu. Il nourrit notre être de sa chair pour faire de nous des fils de Dieu.
Il a pris sur lui les conséquences de nos faims de bonheur, de vengeance contre ceux qui nous ont rendus malheureux, pour nous transmettre sa façon d’aimer, pour faire de nous, unis à lui, d’autres sauveurs.
Le Père a envoyé son Fils pour que nous devenions un avec lui. En le regardant, il voit dans sa chair les cicatrices transfigurées de nos fautes et de nos blessures.
Odile van Deth