Solidaires avec les défunts
Évangile de Lc 12,35-38

La mort nous surprendra avant que nous ayons terminé ou accompli tout ce que nous voulions. Des dettes, des mises en ordre ou des relations bloquées angoissent souvent les derniers instants des mourants.
Est-on jamais prêt ? Irma devait prendre une décision importante pour une date précise. « Je ne suis pas prête » répétait-elle, voyant le jour arriver sans qu’elle sache encore quel choix faire.
A la mort, quel qu’ait été notre choix au dernier moment, nous verrons tout dans la lumière de l’amour de Dieu. Notre désir sera peut-être alors que quelqu’un complète pour nous ce que nous aurons laissé inachevé, compense l’amour que nous n’aurons pas su donner. Les défunts dépendent de nous, parce que leur sort dépend aussi de ce que nous faisons des blessures qu’ils nous ont infligées. Collaborons-nous à ces manques par notre victimisme vengeur ou bien en faisons-nous un surcroît de vie, d’amour ?
Prier pour les défunts, c’est demander la force de transformer en positif les séquelles dans notre propre vie des blessures qu’ils nous ont faites. En offrant une Messe pour eux, nous nous unissons à la demande de pardon que le Crucifié a adressée à son Père et, avec lui, nous demandons la force de compléter ce qu’ils ont laissé inachevé, de transformer dans notre caractère, dans notre existence, les conséquences du mal qu’ils ont commis à notre égard.
Nous sommes solidaires au-delà de la mort : nos morts nous aident à mener à bien ce grand travail de Résurrection qui les soulage et nous libère.
Odile van Deth




