Simone Pacot

Femme engagée, chercheuse de Dieu, passante de Vie.

J’ai appris que l’Esprit est Vivant. C’est un bonheur !

Table des matières

En quelques mots...

Simone Pacot (1924-2017) est une avocate et écrivaine chrétienne qui, après plus de quarante années d’engagement social et religieux, a initié le courant de l’Évangélisation des profondeurs, et co-fondé l’association œcuménique Bethasda.

Simone Pacot fut avocate, investie dans le combat contre le racisme et pour les relations entre juifs, chrétiens et musulmans, compagne de la Communauté de l’Arche de Lanza del Vasto, militante à l’Action civique non-violente et juriste spécialisée dans le droit de la famille.

Dès sa retraite professionnelle, elle se consacrera entièrement à l’accompagnement spirituel et à la diffusion d’un message fondé sur la parole de Dieu. Profondément œcuménique, elle révélera en filigrane de la Bible cinq lois de vie intimement constitutives de la personne humaine, pour une invitation à la libération intérieure proposée par le Christ.

J’ai compris le sens vital, incarné de la Parole de Dieu : il importe que nous ayons des connaissances psychologiques, mais c’est la Parole de Dieu et la vie du Christ en nous qui vont œuvrer. J’ai su que ce serait là que serait ma mission !

Sa vie, de Casablanca à Paris

Une jeunesse marocaine

Née de parents originaires du Sud-ouest de la France, le 14 Novembre 1924 à Casablanca, Simone Pacot y a passé son enfance et sa jeunesse, dans une famille très aimante. Championne de course à pied du 400 mètres au Maroc, elle se distingue très tôt par un tempérament dynamique et engagé. 

Sur le plan de la foi, il n’y avait chez ses parents aucune pratique religieuse jusqu’à ce que sa mère se convertisse à la foi catholique à l’âge de 40 ans. Simone a vécu elle-même deux rencontres intérieures avec le Christ, à 9 et 14 ans. Elle s’implique alors comme membre des Jeunesses Étudiantes Chrétiennes, ce qu’il lui a donné une solide formation biblique en même temps qu’un approfondissement spirituel. Plus tard, elle s’engage dans les Fraternités laïques du Père de Foucault, pour le dialogue entre chrétiens, juifs et musulmans, et pour l’indépendance du Maroc, alors sous protectorat français. 

J’étais une jeune femme sportive et religieuse, mais mon âme souffrait sans que je ne m’en rende compte.

Avocate au barreau de Casablanca

Après l’obtention du baccalauréat littéraire, sur le conseil de son père, bâtonnier de l’ordre des avocats de Casablanca elle entreprend des études de droit, devient avocate en 1946 – probablement une des premières femmes à cette fonction – et reprend le cabinet de son père durant une dizaine d’années.

J’étais restée alors sur un plan social dans mon métier d’avocate, sans y faire entrer la Présence de l’Esprit.

Compagne dans la communauté de l’Arche de Lanza del Vasto

Après l’indépendance du Maroc, elle s’installe en 1957 dans le Sud de la France, et entre dans la communauté de l’Arche de Lanza del Vasto. Elle y restera 7 ans comme compagne engagée dans une vie communautaire en quête d’absolu. Elle devient maîtresse des novices tout en participant à l’Action Civique Non-Violente avec une équipe de réfractaires à la guerre d’Algérie – ce qui lui vaudra, en 1961, une condamnation à six mois de prison avec sursis.

En 1967, elle part à Tata, bourgade pauvre du Sud marocain à la frontière du Sahara, pour la fondation d’une petite fraternité de l’Arche. En appui de plusieurs familles, elle y fait fonction d’infirmière et d’éducatrice dans un dispensaire ouvert à l’intention des plus démunis.

Suite à diverses difficultés personnelles, elle rentre en France en 1969, et s’installe à Paris.

Avocate engagée à Paris

Elle s’inscrit au barreau de l’Ordre des avocats. Après une difficile phase d’adaptation, elle fonde en 1973, avec Georges Pinet et Henri Leclerc, un avocat pénaliste renommé et défenseur des droits de l’homme, le cabinet d’avocats participatif Ornano, très impliqué socialement et politiquement. Elle se spécialise dans le droit de la famille et les affaires sociales, au service duquel elle exercera jusqu’à sa retraite, expérimentant concrètement dans son métier ce qu’elle nommera plus tard “la vie dans l’Esprit”.

J’ai découvert que le Christ peut être introduit au cœur de toute entreprise. Jésus m’avait dit : "Si tu ouvres la porte, Je serai avec toi dans ton bureau, dans les salles d’audience et des délibérés."

À la recherche d’une articulation entre psychologie et foi

Simone était habitée d’une fragilité psychologique et souffrait de difficultés relationnelles, dont elle ignorait totalement les causes et que sa vie de prière ne soulageait pas. À son arrivée à Paris, elle commence une psychothérapie intensive et  découvre une parole vraie qui l’oriente vers la liberté et qui s’avérait incompatible avec sa représentation de Dieu et son interprétation de l’Évangile. Elle se sentait emprisonnée dans une forêt d’obligations et de devoirs. 

Ne parvenant pas à faire le lien entre son expérience vitale et sa vie de foi, elle mit cette dernière de côté pendant trois ans. C’est en écoutant un enseignement où il était question de guérison intérieure, qu’elle comprend que la forme de libération vécue par sa thérapie prenait sa source dans une loi divine. Que la Loi de Dieu était une loi de vie et de liberté. Elle comprend que le psychique avait quelque chose à voir avec le spirituel et inversement. Dès lors, elle n’aura de cesse, à partir de la Parole du Christ, d’approfondir l’articulation entre vie psychologique et vie spirituelle. 

C’est durant cette période que sa foi se renouvela complètement.

J'ai découvert un Dieu qui m'aimait comme j'étais, avec mes limites. J'ai intégré la révélation du Dieu Jésus-Christ. Oui, j'ai changé de Dieu !

Accompagnatrice et enseignante à la suite du Christ

Dès 1985, elle s’investit dans la Communion de Communautés Béthanie, et la Maison de Lazare, qui associent de façon claire et innovante, le soin du corps, l’aide psychologique et l’accompagnement spirituel d’une personne humaine prise dans son entièreté. Elle se forme au discernement, devient accompagnatrice, puis membre du noyau de Béthanie, avec ses fondateurs.

Combien de personnes attendent une explicitation incarnée de la Parole de Dieu pour comprendre qu’elle concerne leur humanité entière dans les zones les plus enfouies !

Initiatrice du courant de l’Évangélisation des profondeurs

Après de gros soucis de santé, qui l’handicapèrent à vie, et sa retraite professionnelle en 1987 à l’âge de 63 ans, Simone Pacot rentre dans la Communion de Communautés Béthanie, alliant spiritualité ignatienne, psychologie et dynamisme du mouvement charismatique alors naissant. Plus disponible, elle commence à donner des enseignements personnels dans la communauté des sœurs protestantes de Grandchamp, en Suisse. Elle témoigne dans le cadre de Béthanie, auprès de groupes de prière, puis lors de sessions à Troyes, Saint-Germain-en-Laye, Toulon, Bonnecombe et Saint-Antoine-l’Abbaye. En 1989, elle donne des enseignements ouverts à tous à Grandchamp avec la mise en place d’accompagnements individuels. Avec l’aide d’amis théologiens, accompagnateurs et psychologues, un cycle de trois sessions trouve une forme définitive en 1991.

Fondatrice de l’association Bethasda

Suite à certains différends, Simone Pacot rompt avec Béthanie et, en 1994, fonde l’association Bethasda, avec toute une équipe de bénévoles. Les enseignements et les sessions de l’association se développent progressivement en Suisse, en France et en Belgique. Une formation et une supervision rigoureuses des accompagnateurs sont progressivement mises en place. Les contenus sont scrupuleusement vérifiés par des théologiens et des psychologues praticiens.

Écrivaine

De 1997 à 2007, Simone Pacot publie quatre ouvrages de spiritualité incarnée, consacrant définitivement le courant qu’elle a initié : L’Évangélisation des profondeurs, Reviens à la vie !, Ose la vie nouvelle ! et Ouvrir la porte à l’Esprit.

Ces ouvrages reçoivent le Nihil Obstat et l’Imprimatur de l’Église catholique. Diffusés aussitôt abondamment, ils ont progressivement été traduits en huit langues.

Retirée dans une paroisse invisible

Elle poursuit les accompagnements individuels, les enseignements des sessions et les conférences publiques jusqu’en 2013. Empêchée pour raison de santé, elle suspend alors toute fonction et établit une bibliographie ordonnée et un classement de ses archives personnelles.

Il est question du ministère intérieur, notamment pour les personnes âgées qui, chacune selon sa mesure, forment une paroisse invisible, à vivre aussi dans les maisons de retraite.

Suivent des années marquées à la fois par les difficultés de la dépendance physique de plus en plus grande et le soutien d’une foi toujours plus intériorisée. Elle décède le vendredi 28 avril 2017 au matin à la maison de retraite protestante de La Muette à Paris. Le 5 mai, après une célébration œcuménique dans l’église Saint-Eloi, à Paris, elle est enterrée au cimetière paysager de Clamart.

Bien chère Simone,

Comme tu l’as enseigné si souvent, nous nous mettons ensemble en présence de la Présence afin de dire notre gratitude pour ta vie si féconde. Tu es partie au Ciel dans ce beau temps de Pâques, toi qui as transmis avec tant de constance et d’intensité l’apprentissage du Passage intérieur, dans la vigueur du Ressuscité et l’efficience de la Force du Souffle…

Qui pouvait deviner ton âge – tu es née en 1924 ! -, tellement ta pensée s’est renouvelée, tellement ton regard est demeuré ouvert ?

Tu as passé ton enfance et ta jeunesse à Casablanca, dans une famille française catholique non pratiquante. Pendant tes études de droit, tu t’es très tôt engagée dans la Jeunesse Étudiante Chrétienne (JEC), et tu as été particulièrement proche de la Congrégation des Petites Sœurs de Jésus.

Tout en exerçant ton métier d’avocat dans le cabinet de ton père, tu as œuvré à la réconciliation entre chrétiens, juifs et musulmans.

Tu as toujours été une battante, comme en témoigne ta qualité de championne de course à pied du Maroc au 400 mètres. Tu as signé le Manifeste de l’Indépendance du Maroc en 1944, au risque d’être emprisonnée, ce qui t’a valu beaucoup plus tard d’être invitée par le roi Hassan II avec les autres personnes encore vivantes qui s’étaient impliquées courageusement, comme toi.

Au milieu des années cinquante, tu entres, en France, dans la communauté de l’Arche de Lanza del Vasto, d’abord à Bollène, puis à La Borie Noble, dans la maison-mère, où tu as vécu, là aussi, un engagement très fort, dans la non-violence et le partage de vie communautaire, sur lequel tu as ensuite beaucoup médité. Puis, tu pars vivre à Tata, dans le désert sud-marocain, pour accompagner une équipe médicale auprès d’une population très démunie.

Tu as vécu là très pauvrement, durant plusieurs années, ce qui a sans doute fragilisé ta santé.

Tu t’installes à Paris au début des années 1970, avec pour seul bien une petite valise et le besoin impérieux d’entreprendre un travail sur toi, dans la dynamique de l’Esprit. Tu reprends alors ton métier d’avocat, en rejoignant dans un premier temps le cabinet de Maître Georges Pinay, puis le collectif Ornano, avec Maître Henri Leclerc, grand avocat au barreau parisien, devenu un ami.

Au sein de ce cabinet très impliqué dans les actions sociales et la défense des droits fondamentaux, tu t’es spécialisée dans le droit de la famille. Tout en préparant scrupuleusement tes plaidoiries, parfois au-devant de parties adverses agressives, tu préparais dans la prière tes entretiens, tu demandais silencieusement à l’Esprit d’entrer dans les salles d’audience. Au-delà des questions purement juridiques ou matérielles, tu ouvrais des situations parfois très douloureuses à une dimension vitale. Avec cette volonté qui t’habitait depuis toujours, de servir Dieu dans la réalité telle qu’elle est donnée.

Combien de personnes en crise familiale as-tu alors accompagnées, soutenues, encouragées au cœur même de l’exercice de ton métier ? Tu as écrit un livre, Si je divorce, pour aider concrètement à trouver la paix et la conciliation au-delà du conflit traversé…

C’est d’une certaine façon comme avocate d’ailleurs que tu as plus tard formulé les lois de vie, le cœur de ton enseignement : avec la justesse et la précision, avec l’audace et la prudence d’une juriste.

En parallèle, tu menais un travail intérieur exigeant, sur ce chemin de crête à l’articulation de la foi et de l’approche psychologique. Tu t’es nourrie insatiablement de rencontres et de lectures très diverses, construisant peu à peu une pensée propre fondée sur ton histoire vitale personnelle, œuvrant pour l’unité de l’Être dans toutes ses composantes.

Peu à peu, tu as commencé à transmettre ce que tu découvrais intensément, à accompagner tes proches, puis des personnes qui te venaient par le travail, par tes amis, pour un apprentissage patient de l’ouverture au Souffle de l’Esprit.

Dès ta retraite en 1987, libérée des contraintes professionnelles, et pourtant sujette à des problèmes de santé, tu as commencé une nouvelle étape de vie, en cohérence profonde avec l’ensemble de ton parcours : c’est la communauté protestante de Grandchamp, dont tu es toujours restée très proche, qui t’a incitée à risquer l’aventure d’une parole publique. Ce fut le commencement d’un enseignement structuré, au travers de sessions, de conférences, de rencontres, dans nombre de milieux religieux, de monastères, puis, plus diversement, dans des paroisses et des lieux de toutes obédiences chrétiennes…

En 1990, avec une équipe œcuménique incluant des psychologues, tu fondes l’association Bethasda, dans une liberté créative formidable. A commencé alors une aventure foisonnante qui se poursuit avec une fécondité étonnante…

C’est alors que tu as ressenti la nécessité de formuler par écrit ta pensée. Et quel travail difficile a été l’écriture de ton premier livre, L’Évangélisation des Profondeurs, paru en 1997 ! Tu y as condensé l’essence de ton enseignement, dans le souci de toujours simplifier, d’être comprise, pour que chacun se sente concerné.

Tu as inventé un langage propre, rendant audible aujourd’hui, avec l’acquis des sciences humaines, la Parole brûlante de Jésus. Tu t’adresses aux tout-petits que nous devons apprendre à être, illustrant tes propos avec des exemples vécus, comme autant de paraboles.

Quelle joie a été pour toi la parution de ce livre ! Quel accomplissement pour toi qui n’étais ni théologienne ni psychologue ! Quelle reconnaissance ecclésiale que l’Imprimatur reçu avec évidence pour ce livre-fondement ! Tu es devenue écrivain.

Dans les années suivantes, tu as publié trois autres ouvrages : Reviens à la Vie !, Ose la Vie nouvelle !, Ouvrir la porte à l’Esprit. Leurs titres mêmes témoignent de l’énergie et de la vigueur de ton enseignement, plaçant avec bienveillance et exigence chacun devant sa propre tâche à accomplir.

Traduits dans de nombreuses langues, tes livres t’ont permis de toucher un nouveau public, certains médias, et ont participé au rayonnement des sessions de Bethasda.

En 2005, pour des raisons de santé, tu as dû, de façon assez brutale, arrêter d’enseigner, puis te retirer progressivement de la vie de l’association Bethasda. Tu as poursuivi des rencontres, des entretiens de toutes sortes, en cultivant sans fin un travail intérieur, te fondant toujours plus profondément dans la vie de l’Esprit. Tu écrivais tous les matins, avec passion, veillant à épurer, à aiguiser ta parole dans toutes les directions où elle se déployait.

Tu as poursuivi ton travail d’Évangélisation des profondeurs jusque dans les hôpitaux et la maison de retraite où tu es passée durant ces deux dernières années, soutenant, encourageant les visiteurs, les résidents, les soignants, par ta parole ou ton silence, par ton regard resté intense…

Dans ton fauteuil roulant, il y a quelques mois, tu as dit : “J’accueille ce qu’on me donne avec reconnaissance”. Il y a une dizaine de jours dans ton lit, tu as chuchoté : “Je vis ma liturgie intérieure”.

La semaine dernière, tandis qu’une sœur te chantait les versets du psaume 33 “Quand un pauvre crie, le Seigneur entend, Il le sauve de toutes ses angoisses”, tu as dit avec conviction : “Oui, c’est bien vrai !”.

Et au moment du Notre Père, tu as affirmé : “Que Ta volonté soit faite !”

Quelle force dans le témoignage ultime de ton chemin de vie !

En Dieu, tu as enseigné ce que tu as vécu, tu as vécu ce que tu as enseigné, jusqu’en ton dernier souffle.

Chère Simone, dans ta vie parfois très difficile, toujours ardente, entièrement donnée, tu as ouvert les yeux et les cœurs de tant de femmes et de tant d’hommes !

Comme le dit l’Évangile : “Bon et fidèle serviteur… entre dans la Joie de Ton Maître !”.

Paris, le 5 mai 2017

Textes bibliques :

  • Psaume 16 : Garde-moi, j’ai fait de toi mon refuge
  • 1 Samuel 16, 6 à 7 : Dieu regarde au coeur
  • Jean 5, 1 à 18 : le paralysé remis debout

Vous avez choisi ce passage de l’Évangile de Jean, parce que c’est celui qui a inspiré Simone Pacot pour parler de l’Évangélisation des profondeurs. Ce passage de l’Évangile témoigne de l’agir bienfaisant du Seigneur qui relève celui qui est couché, qui l’accompagne sur un chemin de vie et en fait son témoin.

Avant chaque enseignement, Simone prenait le temps de se centrer sur Dieu pour recevoir de Lui ce qu’elle allait transmettre et je la voyais alors se redresser, exaucée dans sa prière, recevant en son cœur les forces qui, dès la première parole, vivifiaient son être tout entier. Comme Samuel, le prophète, nous qui souvent ne considérons que l’apparence, en la voyant si menue physiquement, nous aurions pensé qu’elle n’aurait pas la force de sa mission. Mais Dieu, lui, regarde au cœur de celui qu’il équipe lui-même pour le ministère confié.

Ce mouvement de recevoir pour donner ensuite est l’attitude du disciple, qui suit l’exemple de son Seigneur. Jésus aussi se tournait vers son Père et notre Père, pour être porté par son Souffle. Cette recherche d’être toujours au mieux disciple du Christ, Simone y a consacré sa vie et, jusqu’à son dernier souffle, cette préoccupation d’être le plus ajustée à sa mission de disciple l’a habitée continuellement. En janvier dernier, elle me disait encore cette quête d’être au mieux disciple du Seigneur dans ce qu’elle vivait.

Elle donnait beaucoup de place à l’écoute de la Parole de Dieu, reconnaissante au Seigneur du don de sa Parole pour nous équiper pour la route de nos vies. Elle a su développer en unité la vie psychologique et la vie spirituelle, en proposant un trajet d’Évangélisation des profondeurs qui porte la Bonne Nouvelle à notre être tout entier.

Simone commençait ses sessions par la méditation de ce passage de l’Évangile de Bethasda.

Elle avait à cœur de donner des repères concrets pour notre marche, ces repères bibliques, elle les a formulés en lois de vie, balisant ainsi notre chemin.

Dans cet évangile de Jean, nous pouvons repérer ces cinq lois de vie que je résume ainsi : Choisis la vie pour vivre dans une juste relation avec Dieu, avec les autres et avec toi-même, pour déployer ta pleine mesure. En mémoire d’elle qui m’a appris et nous a appris à identifier les lois de vie pour en baliser notre chemin, je vous propose de les découvrir au fil du texte biblique et de faire le lien avec sa propre vie.

En réponse à la Grâce, au don de l’amour du Seigneur, l’être humain est appelé à choisir la vie, c’est la première loi de vie.

Choisir la vie, c’est choisir de mettre sa main dans la main du Seigneur pour parcourir sa vie, comme le psalmiste le formule si bien dans sa prière : “Comme le Seigneur est à ma droite, je suis inébranlable”. Cela ne veut pas dire bien sûr qu’il n’arrive rien à celui qui s’appuie sur Dieu, mais cela signifie que nous ne sommes jamais seuls pour affronter les difficultés de la vie. C’est chaque matin que Simone Pacot faisait le choix de la vie et de la vie en proximité de cœur avec son Seigneur. Elle répondait ainsi à l’invite du Seigneur qui se tient fidèlement à notre porte pour nous offrir sa présence : “Veux-tu m’ouvrir ta porte ? Veux-tu guérir ?”

À cet homme paralysé qui a bien voulu de ce regard infiniment miséricordieux de Jésus, à cet homme, Jésus a donné l’élan de vie.

Quand l’homme paralysé est remis debout, il ne sait au fond pas grand-chose de l’auteur de sa guérison et ce qu’il va apprendre à son sujet, ce sera ce que lui apportera cette rencontre dans le temple avec son Seigneur. C’est lui, le Seigneur, qui lui enseignera à vivre dans une juste relation avec lui. C’est la loi de l’incarnation.

Nous le savons tous, Simone était une femme de prière, une femme qui prenait le temps du dialogue avec Dieu et qui se laissait toujours enseigner à nouveau. Tout au long de sa vie, elle a appris et transmis cette collaboration étroite avec l’Esprit-Saint dont elle parlait très simplement, en disant : “Tu sais, ce n’est pas compliqué, pendant une semaine, chaque fois que j’ouvre une porte, je dis “Seigneur passe devant”. Très à l’écoute du Seigneur, elle était libre intérieurement, de cette liberté qui sait discerner et donner priorité à ce qui se révélait en son cœur.

À ce paralysé maintenant debout, le Seigneur donne une parole qui nous surprend, lui disant : “Va et ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive pire encore”. Ce que Jésus dit là est parole de vie pour cet homme. Ne pèche plus, dit en d’autres termes, signifie : ne te sépare plus de ta source de vie. La vigilance consiste à rester bien relié à la Source de vie qu’est le Seigneur, parce que ce qui peut nous arriver de pire serait de nous trouver seuls, coupés de Celui qui est à la Source de toute vie.

Simone insistait toujours sur l’importance d’avoir une parole de vie, à portée de cœur, pour en toutes circonstances être soutenu par la force de la Parole de vie.

L’être humain a une identité propre que lui donne le Seigneur et dont il est appelé à prendre soin, c’est la loi de l’identité qui se vit en relation avec les autres.

L’homme qui porte maintenant son grabat, comme nous portons les marques de notre histoire personnelle, cet homme est confronté à l’hostilité des autorités juives. Cette confrontation montre les difficultés du croisement de nos chemins différents, nos diversités sont parfois compliquées à vivre, nous le voyons bien, même à l’intérieur de l’Église du Christ, lorsque chacun se cramponne à sa compréhension et à sa manière de voir les choses, cela nous empêche alors de vivre ensemble nourris du seul et même amour du Seigneur.

Simone dans son parcours a rencontré un certain nombre d’obstacles, de résistances et de séparations aussi, ce qui est certainement inévitable ici-bas, mais sa manière de les affronter, confiante en son Seigneur qui seul justifie, cette manière-là est celle que Jésus lui-même nous enseigne.

Aux représentants de l’autorité juive de l’époque, Jésus annoncera l’Évangile qui rend libres en les appelant, eux aussi, à s’ouvrir à ce qu’il offre.

L’homme paralysé a été guéri dans son corps, comme nous le comprenons facilement à la première lecture, mais la guérison portée par Jésus a été plus profonde encore, cet homme a retrouvé les forces de vie pour son être entier, pour sa psyché et surtout en son cœur. C’est la loi de l’unité.

Lorsqu’il reprendra la parole après avoir une première fois répondu qu’il ne savait pas qui était celui qui lui avait dit de prendre son grabat même un jour de sabbat, cette fois-ci l’homme debout va affirmer que c’est Jésus l’auteur de sa guérison. De cet homme paralysé, Jésus a fait un homme debout, capable de choisir d’être son disciple et ainsi de vivre pleinement de cette vie reçue. C’est la loi de la fécondité.

Simone a été et restera pour nous tous, le témoin d’une vie reçue de Dieu et pleinement vécue dans le déploiement de sa propre mesure.

Dans cette confiance en son Seigneur, Simone est toujours restée en lien avec les autres, attentive à leurs remarques. Humble, elle était prête à chercher une nouvelle formulation ou à accueillir une nouvelle suggestion qui servirait au mieux ce projet d’Évangélisation des profondeurs. Par ses questions précises, elle invitait à une mise en route très concrète. Devant la difficulté rencontrée, elle demandait : “As-tu ouvert cela à l’Esprit ?” Et puis confiante, elle ajoutait : “Ouvre cela à sa présence, il te répondra”. Cette confiance belle nous a tous portés et touchés aussi lorsqu’elle a transmis paisiblement aux uns et aux autres les tâches qu’elle accomplissait d’abord seule, mais toujours adossée à la prière de ses amis.

De nombreuses communautés monastiques sont d’ailleurs représentées ici aujourd’hui et plusieurs ont dit leur reconnaissance pour elle et leur communion avec nous en ce moment.

Aujourd’hui dans mon cœur et dans le cœur de beaucoup, se formule la grande reconnaissance que nous devons à Dieu pour Simone qui a été témoin fidèle et vivant de Celui qui ne cesse de nous appeler à vivre pleinement en déployant notre propre mesure. Que le Seigneur nous y encourage, lui qui nous appelle à nous relever, à nous mettre en route et à être, aujourd’hui en ce temps pascal, les porteurs de sa Résurrection. Amen.

Paris, le 5 mai 2017

Les écrits fondateurs de Simone Pacot

Dans le prolongement de ses accompagnements et de ses enseignements, Simone Pacot n’a cessé d’écrire. Elle a publié successivement quatre livres entre 1997 et 2007. Leur rédaction lui a permis de formaliser sa pensée et de l’approfondir d’année en année vers l’essentiel. Ses livres ont été diffusés à des centaines de milliers d’exemplaires et traduits en huit langues.

Ces livres ont été écrits dans la prière. Ils ne sont pas intellectuels.

Éditions du Cerf – collection Épiphanie – 1997 
Réédité aux éditions du Seuil – Collection Points Vivre

Introduit par un commentaire de la guérison de l’infirme de la piscine de Bethasda, ce premier livre consacre définitivement le nom du courant de pensée initié par Simone Pacot, et mûri durant plus d’une décennie. Il est construit en quatre parties : S’ouvrir à l’Esprit – Blessures – Comment Dieu nous restaure-t-il ?  – Le pardon.

Fondé sur la Parole biblique et illustré par des témoignages et des exemples vécus, il propose une découverte vitale de l’enseignement du Christ, ouverte aux explorateurs incroyants comme croyants, aux pratiquants ou déçus des Églises.

Il conclue sur le chemin au quotidien, en évoquant la réalité du combat spirituel et la nécessité d’une prière de vigilance.

Ce livre est cité dans le guide La bibliothèque chrétienne idéale de La Procure.

Éditions du Cerf – collection Épiphanie – 2002 
Réédité aux éditions du Seuil – Collection Points Vivre

Le livre Reviens à la vie ! présente les lois de Vie arrivées à une expression définitive après leur affinement progressif. Il est celui de la structuration de la pensée de Simone Pacot : cinq chapitres pour cinq lois de Vie, avec, à propos de chacune, une démarche d’approche concrète, illustrée d’exemples vécus : le nécessaire questionnement, les transgressions possibles et leurs conséquences, le chemin de descente, le chemin de remontée, la repentance, le renoncement et les chemins de vie ouverts. 

Deux petits chapitres conclusifs évoquent la Pâque et la joie : le sens du trajet et le chemin de nos Pâques, la libération de la joie, signe de la Pâque, les degrés de la joie.

Éditions du Cerf – collection Épiphanie – 2003
Réédité aux éditions du Seuil – Collection Points Vivre

L’ouvrage Ose la vie nouvelle ! – sous-titré Les chemins de nos Pâques – prolonge et approfondit les thématiques de l’ouvrage précédent. Il a pour but d’aider les personnes qui s’engagent dans le chemin de l’Évangélisation des profondeurs. Il évoque les conditions d’une descente dans les réalités humaines, et développe les étapes successives d’une remontée vers la vie. Il précise les notions de guérison, de salut et de promesse de salut par, avec et en Christ, au cœur des limites.

Il présente enfin la Pâque comme sens du trajet, en célébrant la dynamique tant collective qu’intime, du passage d’un état de mort spirituelle à un état de vie vivante.

Éditions du Cerf – collection Épiphanie – 2007

Questionnant le cœur du message christique, Ouvrir la porte à l’Esprit développe la profusion d’une méditation sur l’Esprit Saint, sans la prétention d’être un ouvrage de théologie. Quatre petits livres quasiment autonomes y sont regroupés : À la rencontre de l’Esprit Saint. Le renouvellement de la relation. “Je frappe à la porte, si quelqu’un ouvre, J’entrerai…”. Le ministère intérieur.

Sans perdre un ancrage concret dans des témoignages vivants, cet ouvrage prend une dimension contemplative. Il proclame la déclinaison universelle du mouvement d’accueil de l’Esprit Divin, proposé à chaque être humain.

Avec une suite de formules originales, il éclaire les choses spirituelles de façon nouvelle : la naissance du Christ intérieur, le devenir serviteur de Dieu dans le monde, la purification de l’intelligence, la collaboration à l’œuvre du guide intérieur, le devenir disciple de l’évènement…

Questions fréquentes

Ses livres ont fait l’objet d’un contrôle théologique et psychologique, notamment par Xavier Thévenot (1938-2004), prêtre salésien de Don Bosco, théologien moraliste à l’Institut Catholique de Paris, qui a été un ami intime et un guide spirituel pour Simone Pacot. Il a relu tous ses écrits, les a corrigés et ajustés théologiquement.

Ces ouvrages ont chacun reçu le Nihil Obstat et l’Imprimatur des instances de l’Église catholique, attestant de leur compatibilité avec la tradition catholique romaine.

Simone Pacot n’a cessé de creuser la Parole de Dieu au coeur de sa vie, et de se laisser travailler par l’Esprit. Si elle a élaboré de façon toute personnelle le trajet en Évangélisation des profondeurs ainsi que les lois de vie, partager avec d’autres “chercheurs de Dieu” lui était non seulement une joie mais aussi indispensable. Voici le témoignage d’une de ses amies psychologue :“Au cours de nos rencontres nous échangions en toute liberté autour de nos questionnements sur la jonction entre le psychologique et le spirituel, conceptions et interrogations fondées, entre autre, pour l’une comme pour l’autre, sur nos formations et activités professionnelles. J’ai exercé dans un établissement où j’ai eu la grande chance de découvrir combien “penser ensemble” est fondamental. Une personne qui pense seule risque de croire qu’elle sait tout et à raison sur tout. L’autoréférence est le piège dans lequel le gourou s’enferme et enferme ses adeptes. De mon vécu je peux dire qu’il est nécessaire et salutaire de nourrir sa propre réflexion de celle des autres et de confronter nos différences pour élargir nos horizons.”

Ressources pour aller plus loin...

La biographie “SIMONE PACOT Passante de vie” a été écrit par le filleul de Simone Pacot, Luc Weizmann. Cet ouvrage permet de découvrir le parcours de vie et les nombreux engagements d’une femme qui a su articuler foi chrétienne et approche psychologique.

Cette biographie spirituelle propose de découvrir le parcours de vie de Simone Pacot, son enfance marocaine, ses engagements précoces dans le combat contre le racisme et pour les relations entre juifs, chrétiens et musulmans, son compagnonnage dans la communauté de l’Arche de Lanza del Vasto, sa vie professionnelle d’avocate engagée, ainsi que son parcours personnel. 

Elle présente aussi l’essentiel de son message fondé sur la Parole de Dieu, articulant foi chrétienne et approche psychologique, dans une vision chrétienne profondément œcuménique. Elle décrit la fondation et la croissance de l’association Bethasda, toujours très active avec le concours de toute une équipe bénévole.

Articles de presse

Les Essentiels – La Vie (février 2007)
Panorama (avril 2004)

Interview de Luc Weizmann par Denis Veilleux sur Radio Galilée Québec (juin 2023)

Interviews